• 27- Le symbolisme de l'oeuf brisé et la réincarnation(suite)

    Tableau F8 à la peinture acrylique.

     

    Pendant que se déroulaient ces phénomènes qui me révélaient à moi-même et me faisaient comprendre la présence et l'action constante des esprits désincarnés autour de nous, je faisais des rêves où m'apparaissaient des tableaux que je peignais pendant mes jours libres et mes vacances. Je n'arrivais jamais à les faire ni aussi beaux ni aussi lumineux que je les voyais, et quand je recevais ces images je me souciais plus de l'esthétique que de leur sens.

     J'ai fait un blog où j'ai réuni la plupart de mes dessins et peintures, dont le lien est en marge de ce blog ( je le remets ici: http://carolinepc40-peintures.overblog.com/.) Les tableaux que j'ai "rêvés" sont regroupés sous la catégorie "symbolique" et j'en ai commenté quelques uns.

     Il y en a plusieurs où l'oeuf est l'élément principal du tableau. Pour la plupart des civilisations anciennes, l'oeuf cosmique et primordial succède au chaos et renferme le premier principe d'organisation. Mais le symbole que l'oeuf incarne ne se rapporte pas tant à la naissance du monde "qu'à une renaissance répétée suivant le modèle cosmogonique...l’œuf confirme et promeut la résurrection qui...n'est pas une naissance mais un retour, , une répétition" ou une réincarnation..."Briser l'enveloppe de l’œuf équivaut à briser la roue des existences, c'est-à-dire à transcender aussi bien l'Espace cosmique que le Temps cyclique"(Mircéa Eliade)

    Il faut noter aussi que, sur ce tableau, je me représente en costume pantalon, avec une veste qui me faisait une carrure plus large, pour faire ressortir une ambiguïté sur le masculin/féminin, car l'âme s'incarne alternativement en homme ou en femme et je voulais donner un caractère androgyne au personnage qui n'avait rien à voir avec la sexualité, car l'âme n'a pas de sexe. Lorsque cette alternance est mal acceptée, elle peut inciter certains hommes à vouloir changer de sexe parce qu'ils se souviennent inconsciemment de leur vie antérieure en tant que femme et qu'ils supportent mal le corps d'homme dans lequel ils sont réincarnés: les transsexuels disent souvent qu'ils "sentent intérieurement qu'ils sont des femmes" et ils infligent des sévices épouvantables à leur corps, jusqu'à se faire émasculer et se faire construire un faux vagin, pour "se sentir eux-mêmes et bien dans leur peau"! S'ils avaient conscience de la succession des vies, peut-être qu'ils comprendraient qu'ils ont quelque chose à apprendre de leur incarnation présente en homme, au lieu de tenter de se transformer en femme? c'est une question que je me pose...

    En ce qui me concerne, depuis que j'ai compris quel homme j'avais été, je comprends mieux les épreuves que j'ai subies dans cette vie, et je les ai mieux acceptées. Mais surtout, ces révélations qui m'ont été envoyées peu à peu, jusqu'à ce que je sois capable de les intégrer à mon mental,  m'ont empêchée de me suicider comme j'en faisais le projet.

    En grandissant, j'avais totalement oublié l'épisode de mon accident et la réminiscence de mon incarnation précédente en tant que le grand-père de ma grand-mère...(voir l'article 25 de ce blog: Réminiscence d'une vie antérieure). De plus j'ignorais totalement la vie de cet homme que ma grand-mère qualifiait de "vieux fou" et dont elle n'avait pas voulu me parler.

    Quand j'avais entre douze et quatorze ans, je faisais souvent le même rêve qui me remplissait d'angoisse et de terreur: je me voyais dans une cave dans laquelle je me terrais comme un animal pris au piège. J'écoutais fébrilement les bruits sur le plancher au-dessus de moi, jusqu'au moment où j'entendis la porte de la cave s'ouvrir, et je vis avec une frayeur grandissante les pieds chaussés de gros souliers en cuir fauve à bouts ronds, d'un homme qui descendait lourdement l'escalier. Je le suppliai en pleurant de ne pas me faire de mal, et mon cœur était si douloureux dans ma poitrine que je me réveillais en larmes, avant d'avoir pu voir l'homme.

    Au cour d'une des rares visites chez ma mère, et profitant que nous étions seules après le repas de midi, mon beau père étant parti travailler, je racontai ce rêve récurrent à ma mère pour lui demander si elle savait pourquoi je voyais cette scène étrange et en quoi elle me concernait. Ma mère resta interdite un instant et me regarda stupéfaite:

    - Mais c'est l'histoire de Gabriel ! comment tu la connais? je ne te l'ai jamais racontée!

    - Qui est Gabriel, et que lui est-il arrivé?

    C'est ainsi que j'appris la courte et dramatique existence de Gabriel, qui remonte à la guerre de
    1870. Le grand père de ma grand mère était Inspecteur de Police à Bordeaux. Il avait trois
    enfants, Gabriel était l'aîné et son père l'envoya s'engager dans l'Armée  à l'âge de 17 ans, au moment de cette guerre aussi stupide que rapide et sanglante, que fut le guerre de 1870, déclarée par  Napoléon III qui n'avait rien d'un stratège, avec une armée mal entraînée, trois fois inférieure en nombre et en capacités à celle des Prussiens . 
    Pour résumer, Gabriel y fit "un aller et retour" presque immédiat, parce que les français furent
    rapidement défaits. Ce fut un vrai carnage et les Prussiens, guerriers aguerris, massacrèrent
    aisément "ces gamins de français" rameutés en hâte et qui ne savaient pas se battre. Je rappelle
     que les combats se faisaient au corps à corps, principalement avec des armes blanches.
    Ce fut la débandade. Les soldats français qui ne furent pas massacrés furent faits prisonniers, mais Gabriel, comme des milliers d'autres, avec l'avantage de la jeunesse et de la légèreté, courut plus vite que ses poursuivants  et partit se réfugier chez ses parents. 
     Mais l'Armée, incapable de rassembler ces jeunes recrues, et honteuse de sa cuisante défaite à Sedan, déclara tous ces gamins "déserteurs", et par conséquent, tous passibles de la peine de mort ainsi que tous ceux qui les aidaient.

     Quand Gabriel arriva chez lui, sa mère le cacha dans la cave. Il y resta plusieurs jours avant que son père ne le découvre. Ayant des responsabilités familiales et sociales importantes, il ne pouvait se permettre d'être jugé comme complice d'un "criminel", fut-il son propre fils, et il l'obligea à se rendre, sinon, c’eût été la ruine et la misère pour sa famille, car à cette époque, il n'y avait pas d'allocations ni aucune aide sociale, et sa femme ne travaillait pas parce qu'elle était "au-dessus de cette condition", comme on disait alors, car les travaux réservés aux femmes étaient subalternes, pénibles, mal payés!
    Son père avait conseillé à Gabriel de se rendre, par sens du devoir patriotique rigoureux, et une droiture morale un peu naïve. Il était persuadé que l'armée ne le c
    ondamnerait pas à mort s'il faisait une démarche spontanée. Il pensait aussi que sa qualité professionnelle personnelle, inclineraient les juges à lui faire une faveur en raison de sa loyauté et de ses bons états de service. Il s'en est voulu à mort de son erreur fatale. Il était désespéré au point de supplier les juges d'échanger sa vie contre celle de son fils.
     La cour martiale condamna Gabriel à mort malgré tout, et le fusilla à 21ans, comme les milliers d'autres gamins qui avaient pris la fuite pour échapper aux prussiens. De plus, Gabriel aurait dû  être enterré dans une fosse commune avec les condamnés de droit commun, mais son père obtint la "faveur" de pouvoir l'enterrer religieusement dans le caveau familial. A la suite de ce drame, il fut nommé au grade de "Commissaire de Police" pour avoir incité son fils à se dénoncer, au lieu de l'aider à s'échapper!

     Récemment, j'ai entendu une émission relatant cette guerre, et le commentateur réclamait la réhabilitation de tous ces jeunes, injustement sacrifiés sur l'autel de l'Honneur d'une Armée décadente, incapable, bornée, et impitoyable, à l'image de Chronos dévorant ses propres enfants.
    Mais qui se soucie encore de ces trois mille gamins oubliés par l'Histoire depuis si longtemps? 

    Après que ma mère m'eut raconté cette histoire, je n'ai plus refait ce rêve, mais je pensais souvent
    à ce pauvre Gabriel avec un serrement au cœur.

    Je ne comprenais pas encore pourquoi j'avais fait ce rêve "historique" ni comment cette histoire pouvait me concerner, car la réincarnation était inadmissible pour les dogmes catholiques et je ne pouvais en douter sans me mettre en danger auprès des religieuses qui me conditionnaient à croire aveuglément ce qu'elles me prêchaient depuis l'âge de 8 ans! J'ai tout d'abord pensé que c'était  Gabriel qui m'envoyait ces rêves pour me faire partager sa douleur et sa révolte, car ma mère croyait en l'existence des "fantômes". Mais je restais dubitative car "je ne savais ce que j'avais le droit de penser". J'étais conditionnée à ne rien penser par moi-même sous peine d'excommunication, un mot qui était prononcé avec un sentiment d'horreur sans nom, accompagné de la célèbre parole de Jésus concernant Judas: "il eut mieux valu que cet homme ne fut jamais né!" Cette pensée épouvantable me pétrifiait et j'entrevoyais l'enfer s'ouvrir sous mes pieds, car "Dieu savait tout, voyait tout, entendait tout", et c’eût été puéril de vouloir "tromper Dieu" à l'instar d'Adam et Eve qui voulurent  se cacher aux yeux de Dieu après avoir commis le "péché originel"! Les religieuses nous faisaient répéter quotidiennement dans l'acte de contrition :" je m'accuse d'avoir beaucoup pêché par pensées, par paroles et par actions'' , et on ajoutait en se battant la coulpe: "c'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très grande faute". Ces formules formatives répétées, avaient pour effet de gommer toute réflexion personnelle et tout sens critique dans l'esprit d'un enfant : on ne savait même pas de quoi on s'accusait ! On nous enseignait la religion en impressionnant nos esprits par la crainte de Dieu et de l'enfer, un moyen digne des Inquisiteurs, pour obtenir l'obéissance et la soumission totale. Sous la coupe des religieuses, j'étais comme une petite souris prise dans une trappe!

    Je n'ai commencé à recevoir des éclaircissements sur mon lien avec Gabriel, qu'environ quinze ans plus tard!

    (à suivre)

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